2 mars 2017

Journal de bord

Journal d’une 1ère année d’auto-entreprise

1ère année pour Multicomm

Iggy, compagnon de bureau

1 mars 2016. Le (grand) saut.

Voilà, l’aventure est officielle, j’ai reçu mon numéro de SIRET, les choses sont concrètes. Multicomm n’est plus un projet, une idée, une envie, mais bien une réalité.

A partir de maintenant, il faut assumer et prendre ses responsabilités. D’autant que je me lance à 100% dans l’aventure, sans autre source de revenu. Il faut y croire parce que sinon ça ne sert à rien de commencer. Sortir de sa zone de confort… J’y suis cette fois.

Peut-être que je devrais prendre un mi-temps ? oui je vais faire ça, je vais me trouver un boulot alimentaire. Je vais faire appel à mon réseau facebook tiens, après tout ça ne coûte rien ?

 

15 avril 2016. Quand il faut parler d’argent.

Je laisse tomber le mi-temps. Pas le temps. C’est dingue, ça va vite et, seul, on est vite submergé. Ce sont encore des petits projets, cartes, logos, flyers … mais il faut prendre en compte le temps passé pour les rendez-vous, les déplacements, sa propre comm, son site internet à mettre à jour, à analyser, les déclarations URSSAF… faire les devis/factures…

Ah oui les devis… le truc le plus stressant !

Comment fixer les prix ?

Faire un tarif à l’heure ? oui mais si les gens trouvent que je suis trop longue ? qu’ils n’imaginaient pas que ça prendrait tant de temps et que donc ça leur coûterait autant ? et moi, comment j’estime par anticipation le temps qui sera consacré pour chaque projet, en ayant aucun recul sur tout ça ?

Réfléchissons autrement. Combien je serai prête à mettre pour ce type de prestation ? oui ça me va déjà mieux. Combien de temps je pense mettre pour un logo en moyenne ? Mais entre les gens qui savent ce qu’ils veulent et attendent un travail très opérationnel et ceux qui s’en remettent entièrement à toi, ça n’a pas la même valeur… Peut-être plusieurs formules ? A voir…

 

1er juin 2016. De nouvelles habitudes.

Je suis contente, j’ai des premiers retours positifs sur mes travaux et des clients de plus en plus sérieux. Je fais pas mal de logos, et le CV créatif commence à prendre de l’ampleur. C’est cool et je me rends compte que j’aime vraiment ce que je fais.

Je rencontre des gens de milieux professionnels vraiment différents : de l’hospitalier, aux travaux publics en passant par la restauration. Humainement c’est super enrichissant. Mais bon ce sont des petits projets et donc des petites sommes.

Beaucoup de temps passé, un investissement complet et passionné mais peu de rentabilité. Si je gagne 400€/mois c’est beau… D’autant que dans mes 1ers clients il y a aussi des amis, à qui je vais forcément proposer un tarif (très) préférentiel.

Autre problème : les délais de paiements.

Un à 2 mois de décalage entre le moment où tu rends ton travail et celui où tu reçois ton dû. Tu as intérêt à l’anticiper ! Et je ne me vois pas réclamer c’est trop bizarre… J’avoue que c’est l’aspect que je regrette le plus de mon ancienne vie de salariée. En dehors du salaire fixe, c’est surtout sur le principe de la régularité. Il faut que j’arrête de penser rémunération mensuelle, ça s’est terminé !

L’autre réalité à propos de ce délai de paiement c’est que tu te rends compte que toi, tu dois bosser vite, tu dois accorder la priorité mais que quand il s’agit de payer, les gens ont le temps… C’est dommage qu’il n’y ait pas cette réciprocité dans la réactivité.

 

 Août 2016. Garder le rythme.

1ères vacances et autre constat : difficile de débrancher réellement.

Ces derniers temps ça s’est beaucoup accumulé. J’ai du mal à tout suivre et je n’aime pas faire attendre les gens mais j’essaie de garder la tête froide. Je suis aussi maman et je dois trouver l’équilibre.

L’avantage pour ma fille : la garderie c’est fini !

Oui j’ai cette grande chance de pouvoir aller chercher Lily, 6 ans, à l’école tous les jours mais ça veut dire aussi la laisser parfois devant les dessins animés pour pouvoir bosser.  Jusqu’à ce que papa rentre pour prendre le relais. J’ai de la chance, elle comprend et elle est sage. Mais je sens bien que parfois j’abuse de son autonomie. Alors je fais une pause mikado ou coloriage. 10 min…

Heureusement que papa assure avec les lessives, les courses et les repas ! Il m’a même fait un beau bureau avec un fauteuil que tout le monde m’envie !

Le soutien du conjoint c’est tellement important. On se relaie, son boulot aussi est prenant, je ne peux pas me reposer tout le temps sur lui. Et puis c’est temporaire, il y a aussi des périodes plus calmes où je me lève à 9h30 et rattrape quelques séries sur netflix 😉 et la saison 7 de Walking Dead arrive bientôt (pression de délai supplémentaire :-P) !

 

C‘est le temps des premières plaquettes et des premières tarifications à la page (et aussi des devis dans le vent, pour lesquels tu passes une heure et auquel, en face, on accorde même pas 5 min pour dire non).

Je commence à être un peu plus à l’aise avec la tarification et à dépasser les 600€/ mois. Ça me semble peu mais autour de moi on me dit que c’est déjà beaucoup après seulement 6 mois.

 

15 septembre 2016. Le temps des doutes.

Le temps des 1ers gros projets. Ceux dont le montant dépasse les 1000€, qui te font transpirer, découvrir le travail de nuit et la boule constante dans le ventre : est-ce que je suis capable de faire ça ? Je fais connaissance avec le syndrome de l’imposteur* et c’est violent. Ne pas perdre la face, s’auto convaincre… ou partir en courant loin, très loin… Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ?

Mes potes de chez comtoprint sont toujours présents pour me conseiller, me laisser squatter un bureau et m’aider sur les aspects techniques. Rien ne vaut les 25 ans d’expérience de Vincent ! l’amitié de Sabine et le soutien, toujours…

 

1er janvier 2017. Le temps des 1ères satisfactions.

Je commence à trouver le rythme. Ou plutôt à accepter qu’il n’y en ait pas. Etre indépendant c’est surtout être adaptable. Je me suis fait violence, j’ai testé mes limites, ma résistance et j’y suis arrivée.

Les projets sont sortis à temps et apparemment ils ne sont pas trop mauvais. Un guide touristique de 56 pages en 2 semaines, une plaquette de 32 pages pour un bureau d’études en parallèle et tous les autres « petits » qui me tiennent à cœur. Les 1ers clients qui sont toujours là aussi.

Certains sont devenus des amis. Passer de « cordialement » à « bisous » en 9 mois … je kiffe. Ma plus grande fierté c’est surement celle-là : la relation humaine.

 

1er mars 2017. Happy birthday Multicom’m

Voilà, ça fait un an. Une première boucle.

J’aime ce que je fais, je ne regrette rien. D’autres gros projets sont en cours et entre temps je me suis trouvée des partenaires de travail. Mon « salaire » approche doucement le smic…

Grâce à Pascal de chez « mon assistant numérique », le web prend de l’ampleur. Il travaille la technique et moi le design. Et son calme me déstresse… Vous découvrirez bientôt le résultat de ce travail commun.

Je suis également engagée sur un projet qui devrait m’occuper toute l’année (une grosse bise à Delph au passage) et qui consiste à réaliser toute une série de supports d’une grande exposition : panneaux, livrets, guides, site web. Mon petit syndrome de l’imposteur et moi, on va affronter ça et on vous dira ce qu’il en est dans un an…

Rendez-vous le 1er mars 2018. En attendant je m’y remets parce que prendre cette heure pour rédiger cet article n’est vraiment pas raisonnable. J’ai de la vaisselle en retard (lave-vaisselle en panne) et il est 16h je m’en vais chercher ma fille. Je travaillerai ce soir, parce que oui, je suis libre de le faire.

Prenez soin de vous et de votre épanouissement si vous le pouvez et vive l’apéro !

Cordialement. Bisous 😉

 

*Le complexe de l’imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel. Inconsciemment convaincues que leur réputation est usurpée, ces dernières fuient toute possibilité qui leur permettrait d’aller encore plus loin. Ces personnes vivent dans le doute et pensent qu’un jour elles seront démasquées et que quelqu’un fera la preuve de leur incapacité.